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Au Granit, les dégustations œnologiques se sont transformées cette saison en ateliers du goût. Mais le principe reste le même, il s'agit de partager les plaisirs de la table en relation avec les thèmes évoqués lors d'un spectacle et le maître des saveurs est toujours Philippe Perez. " Le palais c'est comme le développement de l'esprit ou du goût esthétique, ça se forme " précise Jérôme Araujo, directeur des relations avec le public. Samedi dernier, à une heure idéale et apéritive, Philippe Perez avait concocté un étrange menu. Sur la table on trouvait un concentré de courgettes parfumé de thym, de cannelle et de cardamome; du caillé en faisselle; un comté répondant aux six grandes familles de la roue des arômes (épicé, lactique, fruité, animal, végétal, torréfié ); des olives et du raisin. Soit du mou et du dur avec comme liquide des vins travaillés en cosmoculture; plusieurs huiles d'olives dont l'une agrémentée de mandarine et de pamplemousse; un lait à la vanille. Le point commun de cet assemblage hétéroclite des saveurs repose sur une réflexion concernant le mou et le liquide. Avec comme référence doctrinale un philosophe un peu barjo, plutôt mou que dur, Jean-Baptiste Botul (1896-1947), qui s'est intéressé à la métaphysique du mou. L'atelier était en relation avec le spectacle " Kant " qui évoque les limites de l'univers selon une sauce poético-scientifico-philosophique. Au fil de la dégustation, les joyeux convives ont donc devisé sur l'antagonisme du mou et du dur. Ils ont tripoté des seins représentés sous la forme de ballons en caoutchouc. Ils ont sucé de la roche pour mieux comprendre la minéralité du vin. "J'aime ce mélange intello où l'on vit et boit bien et où on ressort un peu moins con" a bien résumé l'un des convives. Prochains ateliers à déguster: "Les vins belges?" le 21 mars et "Comment cuisiner un phénix ?" le 4 avril. Michel Grivet.