Toutes les chaussures n’atteignaient pas le sol, hier après-midi lors de la répétition publique de don Giovanni. Emmenés par la musique bien-sûr, mais également faute d’atteindre la taille règlementaire, les petits spectateurs qui ont assisté, en avant-première, à la représentation de cet opéra de Mozart avaient parfois les pieds qui ne touchaient plus terre. En partenariat avec le Granit, l’orchestre symphonique du Jura Suisse, qui s’est produit hier soir à la Maison du Peuple, a proposé aux élèves des écoles primaires, collèges et lycées de la ville d’être présents au moment des dernières mises en place.

Ultra pédogogique

Cent quatre-vingts jeunes ont donc pu profiter de la fin de l’acte I et des derniers passages de l’acte II, en costume ! « On a vraiment de la chance de pouvoir voir ça. D’habitude les gens paient très cher pour aller à l’opéra parce que les musiciens sont de vrais professionnels », se réjouit Rumeysa élève de CM2 à l’école Pergaud. « Ce sont de belles musiques, avec une très belle histoire », enchérit sa camarade Derya, qui avait bien retenu la leçon. Pour aider les enfants à s’approprier cet opéra, les enseignants avaient au préalable largement expliqué son contenu. « Pour nous, cette représentation tombe formidablement bien car nous avons un projet annuel sur le thème de la voix. Les élèves sont captivés. Ils me demandent souvent comment font les solistes pour chanter aussi fort sans micro » plaisante Mme Paillard enseignante à l’école Pergaud. Le but de l’opération était bien évidemment de faire découvrir aux plus jeunes un style musical qu’ils ne sont pas amenés à côtoyer. Un objectif primordial pour Sonia Pérez du théâtre Le Granit. « Nous voulions ouvrir l’opération à un maximum de monde. Et nous avons la chance d’avoir un chef d’orchestre qui a accepté de se prêter au jeu ». Et là, les petites têtes blondes n’étaient pas déçues. Facundo Agudin, qui dirige l’orchestre symphonique a mené l’expérience de mains de maître. N’hésitant pas à interroger les enfants de manière ludique et à leur expliquer les rôles des solistes et des instruments entre chaque scène. Mais une fois la baguette en marche, plus question de rigoler. Facundo Agudin a des oreilles partout. Sur les cordes vocales des ses choristes, sur les archers de ses violons… et même sur les lèvres de ceux qui se seraient laissés aller à quelques chuchotements.

Lisa Lagrange © L’Est Républicain, le vendredi 08 mai 2009.